Les apports de l'hypnose au sport de haut niveau
Date : jeu 23 fév 2012
Tout d’abord écartons quelques idées reçues sur l’hypnose
Un sportif qui bénéficie d'une préparation mentale n'est pas un sportif « à problèmes psychologiques ».
Il n’est pas non plus sous la dépendance ou sous l'influence de son préparateur mental. Au contraire, l'objectif sera de rendre le sportif autonome, de le rendre capable de travailler seul. La préparation par hypnose ne rend pas le sportif « mou » ou trop relaxé.
Les apports de l'hypnose au sport de haut niveau
Bien qu’utilisée généralement dans un cadre thérapeutique, l'hypnose est un outil qui peut être employé dans le cadre de la préparation psychologique du sportif, chacune des deux pratiques accordant beaucoup d'importance aux « états modifiés de conscience ».
L’hypnose n'est pas un outil « magique », c'est un travail progressif qui s'inscrit dans la durée et dont les techniques peuvent être dynamiques.
Chaque sportif naît avec un potentiel génétique déterminé, certains bénéficiant d'un potentiel supérieur à celui des autres. Sur ce point purement physique l’hypnose ne peut rien apporter. |
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Le vécu familial de l'athlète, culturel, l'environnement dans lequel il évolue, déterminent son profil psychologique, sa relation avec autrui et sa volonté de gagner. Certains sportifs sont de vrais guerriers alors que d'autres sont beaucoup plus effacés, moins combatifs. Si l'hypnose n'augmente pas la force physique, elle est en mesure de permettre au sportif d'améliorer ses possibilités avec son propre potentiel physique.
Comment fonctionne l’hypnose ?
La plupart des théories psychologiques considèrent que de nombreux obstacles ont leur source dans l'inconscient, où sont stockées des centaines de milliers de données qui contrôlent une grande partie de nos existences. Dans l'état d'hypnose, l'inconscient occuperait l'avant-plan, laissant en veilleuse le conscient habituellement hyperactif. Le praticien inviterait donc l'inconscient du sujet à se libérer de ses idées nuisibles et à les remplacer par des idées plus justes.
Parmi les outils : l'hypnose Ericksonnienne qui est un outil privilégié dont l'objectif est d'optimiser les ressources du sportif. Il amène à une relaxation qui induit un processus physiologique de détente intéressant après l'effort notamment lorsqu’il est associé à une induction axée sur les sensations corporelles.
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L'hypnose conversationnelle et les techniques d’imageries mentales sont très intéressantes car elles permettent d’améliorer une technique de façon très efficace. Les techniques d’imagerie mentales peuvent permettre à un sportif, pendant une période d'inaptitude physique transitoire, de rester mentalement au contact avec son sport : il peut visualiser ses entraînements, ses compétitions (anciennes et futures).
Dans ce contexte, l'usage de l'hypnose permet une « transférabilité » immédiate des apprentissages, des anticipations, des répétitions réalisés dans un état proche de celui de la compétition.
Concernant la douleur pendant un effort, il peut être intéressant d’inverser un match difficile, en le faisant revivre au sportif de façon différente en lui faisant accepter la douleur, lui faire visualiser une image qu’il choisira et qui va se substituer à la douleur (un paysage, le visage d’un proche…), lui donner le courage de tout donner.
Concernant la douleur après l’effort, l’objectif du praticien sera que le sportif puisse, après quelques séances de travail, spontanément entrer dans cet espace de récupération tout seul.
Pour y parvenir, il travaillera sur la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, une inspiration plus profonde (qui induit une légère alcalose permettant de lutter contre l'acide lactique lorsque cela est justifié), les images visualisant la guérison des micro-lésions anatomiques, les fibres musculaires qui se détendent, qui se ‘ nettoient ‘, les hormones de l'effort qui se mettent au repos, etc.
Les axes d'amélioration de la performance par l'hypnose
| Concentration, développement des capacités de visualisation, schéma corporel, geste technique (aide à l'apprentissage et à la correction), stress, relaxation, préparation des compétitions, sommeil, décalage horaire, statut physiologique de l'effort, récupération, traumatologie (stress post-traumatique, maintien des capacités de concentration, maintien des capacités techniques et de l'entraînement psychologiques aux compétitions pendant les périodes d'inaptitude), troubles psychosomatiques |
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Quel praticien peut-il exercer l’hypnose dans le domaine sportif ?
Le praticien doit avoir une solide formation en psychologie, médecine du sport, relaxation, hypnose ou sophrologie. L'usage approprié et efficace de l'hypnose dans le sport de haut niveau, nécessite par ailleurs une connaissance approfondie de la performance sportive et des différents paramètres psychiques et comportementaux qui y contribuent.
Les douleurs sportives et l’hypnose
Concernant la douleur physique l’hypnose n’est utilisée qu’en vue d’optimiser le processus de guérison, jamais pour faire disparaître le symptôme essentiel qu’est la douleur, au risque d’aggraver les lésions.
Ainsi les douleurs musculaires issues de l’effort pourront être traitées par hypnose, l'objectif sera alors d'optimiser les processus de la récupération en complément d'autres techniques comme la nutrition, le massage….
Concernant la douleur mentale, le praticien doit être en mesure de différentier les types de douleurs :
S’il s’agit de stress psychologique, il pourra être pris en charge par l’hypnose. Mais ce travail ne peut s’inscrire que dans la durée. Le praticien ne traitera pas un sportif souhaitant une prise en charge à la dernière minute avant un match car le mental, c’est comme pour le physique, ce travail s’inscrit dans la durée.
Sources :
A la poursuite de l'excellence sportive - Guy MISSOUM
Plus forte que la douleur : Jean-Jacques MENUET
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