Choix d’un entraînement selon la probabilité d’occurrence d’un évènement

Définir son type d’entraînement selon la probabilité d’occurrence d’un évènement.

L’expérience du jeu, d’une situation donnée réveille les réflexes appris lors de l’entraînement. Lorsque le pongiste s’entraîne, il construit un référentiel qui lui permet de faire le choix d’une action selon une situation, il acquière des réflexes. A force d’entraînement, il associe une réponse toute faite à une configuration donnée, cette stratégie lui permet de gagner du temps.

Selon la probabilité d’occurrence d’un évènement, le sportif s’orientera vers une préparation neutre, lorsque la probabilité d’apparition d’un évènement est équivalente à l’apparition d’un autre évènement, ou totalement orienté sur celui-ci, si l’apparition d’un évènement est plus forte que celle d’un autre. Dans ce dernier cas, la préparation peut être partielle.
Si le choix d’une préparation partielle permet de gagner du temps de préparation, la prise de risque augmente parallèlement.
Il est possible de réduire cette prise de risque si l’on peut bâtir sa de décision sur aspect invariant de la situation. En ce titre, au tennis de table 80% des échanges sont constitués de moins de 5 touches, la moyenne étant de 3,87 dans une étude réalisée pendant le tournoi de Paris en 1999. La modélisation des trois premiers échanges a permis d’identifier un nombre restreint de schémas de jeu dominants, pour lesquels un invariant directionnel du retour adverse a été mis en évidences : celui a lieu dans la diagonale.
Les schémas majoritaires utilisent un service court, une remise courte ou longue et une attaque dans la diagonale sur la troisième balle. La connaissance et la mémorisation  de ces configurations permettent au pongiste d’anticiper (passage d’une préparation neutre à une préparation partielle ou totale).

Le sportif peut moduler sa préparation selon la probabilité d’apparition d’un évènement. Ainsi, en l’absence d’incertitude (Prob =1), la préparation peut être totale (à la l’évènement pressenti). On évalue à 11% le nombre de pongistes qui se préparent de manière neutre, dans cette optique il minimise les risques mais leur efficacité en est d’autant amoindrie. Lorsque la probabilité est proche du hasard (Prob=0.5) la préparation est majoritairement neutre, mais certains sportifs privilégient néanmoins une préparation totale (18%), avec le risque d’une anticipation erronée du jeu de l’adversaire. Cependant, si elle s’avère exact, le sportif gagnera en efficacité. Les probabilités intermédiaires (0.7<Prob<0.9) ont tendance à faire augmenter la part de préparation totale, plus le doute s’impose et plus la préparation est large.

Schémas de jeu majoritaires chez les pongistes de haut niveau.

On dénote chez les pongistes de hauts niveaux, trois grands schémas de jeu, à partir desquels se dégage un invariant :

  • L’attaque dans l’axe diagonal de la table

La connaissance d’un tel invariant permet de réduire l’incertitude adverse et, sans doute, de préparer une préparation partielle au lieu de neutre. L’approche statistique des schémas de jeu amène à des choix d’entraînement adapté aux situations, donc à la prise d’informations anticipées lors des compétitions.
De la même manière, la probabilité est forte pour le relanceur d’avoir un renvoi dans la diagonale, en fonction du retour de service effectué. La encore, le type de préparation permettra de mieux gérer, le cas échéant, cette configuration de jeu.
Les orientations stratégiques de l’entraînement sont parfois basées sur un vécu et des connaissances empiriques
L’approche statistique lorsqu’elle est basée sur une observation précise du jeu ouvre de nouveau de nouveaux horizons. Elle permet de construire un référentiel sur lequel peut s’appuyer le pongiste ou l’entraîneur de tennis de table dans le choix de sa stratégie d’entraînement.

 

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