Historique du dopage

Les débuts de l’utilisation par l’homme de substances destinées à améliorer les capacités de l’organisme remontent à environ 5 000 ans. A cette époque, les propriétés antifatigue de certaines plantes telles que l’éphédra (dont dérive l’éphédrine, un stimulant encore consommé de nos jours par les sportifs) étaient connues de diverses civilisations.

Vers les années 750 avant Jésus-Christ, on assiste à la naissance des Jeux d’Olympie qui connaissent une grande popularité et qui s’accompagnent d’honneurs grandioses pour les sportifs triomphants. Déjà, les athlètes recherchaient l’augmentation de leurs performances à travers l’alimentation.

Plusieurs siècles après, l’utilisation des plantes à des fins stimulantes devient répandue dans le monde : la noix de Kola est consommée par plusieurs peuples d’Afrique tropicale pour les vertus de stimulation physique, sexuelle et intellectuelle de ses graines ; les feuilles et les racines d’Iboga (dont provient l’ibogaïne) augmentent l’endurance des natifs du Gabon ; les feuilles de coca sont mastiquées par diverses populations d’Amérique du Sud pour diminuer les sensations de faim, de fatigue et de froid et les habitants du Tyrol utilisent pour eux et leurs animaux de faibles quantités d’arsenic d’origine naturelle pour combattre la fatigue et les troubles respiratoires.

Plus récemment, vers 1930, on assiste à la découverte des androgènes (hormones mâles). Kenyon et ses collaborateurs remarquent que l’administration de testostérone à des hommes atteints d’hypogonadisme (déficience des testicules) stimule la croissance musculaire. Rapidement, plusieurs dérivés sont synthétisés puis utilisés chez l’humain pour augmenter ses performances physiques. En 1939, les androgènes sont administrés aux troupes allemandes pour augmenter leur agressivité au combat. Le recours aux stéroïdes devient très répandu au cours des années 1950 chez les athlètes olympiques.


En 1976, le Comité international olympique (CIO) introduit les tests de dépistage des stéroïdes dans l’urine aux Jeux Olympiques de Montréal. Les athlètes utilisent alors des produits qui masquent leur consommation afin d’éviter d’être détectés. En 1988, lors des Jeux Olympiques de Séoul, des méthodes sophistiquées de détection de faibles quantités de stéroïdes dans l’urine sont introduites. Ben Johnson est disqualifié et expulsé des jeux après qu’un test ait révélé la présence de stanozolol.

Lors des Jeux Olympiques de Sydney de 2000, le CIO introduit les tests sanguins. En août 2001, le CIO, les fédérations internationales et les gouvernements conviennent d’établir à Montréal le siège social de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Celle-ci ouvre ses portes en juin 2002 sous la présidence de l’avocat montréalais Richard Pound.

En 2006, l’Agence mondiale antidopage multiplie les contrôles au hasard des athlètes d’élite et met au point de nouvelles méthodes sophistiquées de détection du dopage afin d’assurer l’intégrité des sports de compétition.

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