Les apports de l’hypnose au sport de haut niveau

 Chez le sportif,  l’hypnose est une pratique assez rependue outre-Atlantique où de nombreux hypnologues ont intégré au même titre que des médecins les équipes d’Athlètes de haut niveau.

Tout d’abord écartons quelques idées reçues sur l’hypnose

Un sportif qui bénéficie d’une préparation mentale n’est pas un sportif « à problèmes psychologiques ».

Il n’est pas non plus sous la dépendance ou sous l’influence de son préparateur mental. Au contraire, l’objectif sera de rendre le sportif autonome, de le rendre capable de travailler seul. La préparation par hypnose ne rend pas le sportif « mou » ou trop relaxé au contraire, elle l’éveille.

Le rôle du mental dans la compétition

De nombreux sportifs constatent qu’ils sont performants pendant les entrainements mais perdent une partie de leurs moyens lors des compétitions.

En marge de l’hypnose, le mental joue un rôle déterminant dans l’issu d’un match. Face à l’adversité, la pression d’une compétition important, l’hypnose moderne peut s’avérer un outil supplémentaire.

Une partie préparation mentale vise à contrôler l’émotionnel et développer la confiance en soi afin de permettre au sportif de donner le meilleur de lui-même lors d’une épreuve sportive.

Les apports de l’hypnose au sport de haut niveau

Bien qu’utilisée généralement dans un cadre thérapeutique, l’hypnose est un outil qui peut être employé dans le cadre de la préparation psychologique du sportif, chacune des deux pratiques accordant beaucoup d’importance aux « états modifiés de conscience ».

Hypnose Sport

L’hypnose n’est pas un outil « magique », c’est un travail progressif qui s’inscrit dans la durée et dont les techniques peuvent être dynamiques.

Chaque sportif naît avec un potentiel génétique déterminé, certains bénéficiant d’un potentiel supérieur à celui des autres. Sur ce point purement physique l’hypnose ne peut rien apporter.

Le vécu familial de l’athlète, culturel, l’environnement dans lequel il évolue, déterminent son profil psychologique, sa relation avec autrui et sa volonté de gagner. Certains sportifs sont de vrais guerriers alors que d’autres sont beaucoup plus effacés, moins combatifs. Si l’hypnose n’augmente pas la force physique, elle est en mesure de permettre au sportif d’améliorer ses possibilités avec son propre potentiel physique.

 

Comment cela fonctionne-t-il ?

La plupart des théories psychologiques considèrent que de nombreux obstacles ont leur source dans l’inconscient, où sont stockées des centaines de milliers de données qui contrôlent une grande partie de nos existences. Dans l’état d’hypnose, l’inconscient occuperait l’avant-plan, laissant en veilleuse le conscient habituellement hyperactif. Le praticien  inviterait donc l’inconscient du sujet à se libérer de ses idées nuisibles et à les remplacer par des idées plus justes. Parmi les outils : l’hypnose Ericksonnienne qui est un outil privilégié  dont l’objectif est d’optimiser les ressources du sportif. Il amène à une relaxation qui induit un processus physiologique de détente intéressant après l’effort notamment lorsqu’il est associé à une induction axée sur les sensations corporelles.

Il faut comprendre qu’il n’y a pas deux sportifs identiques, le ressentie d’une épreuve est donc différente selon les individus. L’une des premières étapes vers laquelle l’hypnologue va s’orienter vise à déterminer où se situe le sportif. A-t-il des blocages, des freins psychologiques ? Est-il comportemental, émotionnel ?

Une autre étape réside en l’explication du fonctionnement du cerveau, du rôle des neuroscience et de son apprentissage.

L’hypnose permet au sportif d’être hyper vigilant, c’est une solution comportementale car elle n’agit pas directement sur la vie de personne mais seulement sur sa manière de penser.

Généralement les séances de déroule sur le terrain, dans un endroit très calme et leur fréquence peut être ponctuelle ou durer toute une saison.

 

Hypnose sport

L’hypnose conversationnelle et les techniques d’imageries mentales sont très intéressantes car elles permettent d’améliorer une technique de façon très efficace. Les techniques d’imagerie mentales peuvent permettre à un sportif, pendant une période d’inaptitude physique transitoire, de rester mentalement au contact avec son sport : il peut visualiser ses entraînements, ses compétitions (anciennes et futures). Dans ce contexte, l’usage de l’hypnose permet une « transférabilité » immédiate des apprentissages, des anticipations, des répétitions réalisés dans un état proche de celui de la compétition.

Concernant la douleur pendant un effort, il peut être intéressant d’inverser un match difficile, en le faisant revivre au sportif de façon différente en lui faisant accepter la douleur, lui faire visualiser une image qu’il choisira et qui va se substituer à la douleur (un paysage, le visage d’un proche…), lui donner le courage de tout donner. Concernant la douleur après l’effort, l’objectif du praticien sera que le sportif puisse, après quelques séances de travail, spontanément entrer dans cet espace de récupération tout seul. Pour y parvenir, il travaillera sur la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, une inspiration plus profonde (qui induit une légère alcalose permettant de lutter contre l’acide lactique lorsque cela est justifié), les images visualisant la guérison des micro-lésions anatomiques, les fibres musculaires qui se détendent, qui se ‘ nettoient ‘, les hormones de l’effort qui se mettent au repos, etc.

 

Les axes d’amélioration de la performance par l’hypnose

Concentration, développement des capacités de visualisation, schéma corporel, geste technique (aide à l’apprentissage et à la correction), stress, relaxation, préparation des compétitions, sommeil, décalage horaire, statut physiologique de l’effort, récupération, traumatologie (stress post-traumatique, maintien des capacités de concentration, maintien des capacités techniques et de l’entraînement psychologiques aux compétitions pendant les périodes d’inaptitude), troubles psychosomatiques.

Hypnose Sport

 Quel praticien peut-il exercer l’hypnose dans le domaine sportif ?

Le praticien doit avoir une solide formation en psychologie, médecine du sport, relaxation, hypnose ou sophrologie.  L’usage approprié et efficace de l’hypnose dans le sport de haut niveau, nécessite par ailleurs une connaissance approfondie de la  performance sportive et des différents paramètres psychiques et comportementaux qui y contribuent.

 

Quels sont les types d’hypnoses et celles adaptées aux sportifs ?

Il existe plusieurs façons de se servir des états hypnotiques qui agissent à des niveaux différents. Il est nécessaire à tout bon hypno thérapeute de bien connaitre et savoir manipuler chacune de ces variantes afin de choisir à chaque fois la plus adaptées à son patient. Parmi les techniques les plus répandues on peut retenir :

  • l’hypnose traditionnelle (la plus ancienne). Elle date du 19ème siècle et se veut autoritaire. Elle s’est particulièrement développée dans le monde du spectacle. Cette forme d’hypnose n’est quasiment jamais utilisée dans le milieu sportif.
  • l’hypnose Ericksonienne. Née dans les années 75 et enriche par la PNL (programmation neuro-liguistique) elle ouvre l’hypnose a des domaines beaucoup plus vastes comme le développement personnel et se caractérise également par l’absence de directive : Plus de suggestion post-hypnotiques, de prescription.
  • la nouvelle hypnose. Elle comporte de nouvelles techniques comme le mind mapping (schéma euristique en français) qui favorise de façon efficace l’organisation et la génération des idées. Ses champs d’application sont très vastes pour développer les capacités physiques et cérébrales de l’être humain.
  • l’hypnose humaniste qui a la particularité de générer des états d’hypnose par d’avantage de conscience. Le sportif peut ainsi travailler sur lui-même en état de conscience avancé.

Les douleurs sportives et l’hypnose

Concernant la douleur physique l’hypnose n’est utilisée qu’en vue d’optimiser le processus de guérison, jamais pour faire disparaître le symptôme essentiel qu’est la douleur, au risque d’aggraver les lésions. Ainsi les douleurs musculaires issues de l’effort pourront être traitées par hypnose, l’objectif sera alors d’optimiser les processus de la récupération en complément d’autres techniques comme la nutrition, le massage…. Concernant la douleur mentale, le praticien doit être en mesure de différentier les types de douleurs : S’il s’agit de stress psychologique, il pourra être pris en charge par l’hypnose. Mais ce travail ne peut s’inscrire que dans la durée. Le praticien ne traitera pas un sportif souhaitant une prise en charge à la dernière minute avant un match car le mental, c’est comme pour le physique, ce travail s’inscrit dans la durée. Sources : A la poursuite de l’excellence sportive – Guy MISSOUM Plus forte que la douleur :  Jean-Jacques MENUET

3 COMMENTAIRES

  1. Bel effort pour tordre le cou aux préjugés sur la préparation mentale. Peu de grand sportifs en parlent mais ils savent tous que au plus haut niveau sportif, c?est le mental qui fait la différence. Choisir ce type de coaching nécessite une grande confiance qui sera apportée par les références du préparateur mental. Il y a évidemment d?autres outils que l?hypnose pour se préparer à la performance.

  2. A conditions physiques égales ce qui fait la différence est le mental, je comprends que l’hypnose ait pris sa place dans la préparation mentale. L’entraînement cognitif et Hypnotique est utilisé pour la majorité des athlètes Olympiques et pour un grand nombre de sportifs.

  3. Très bon article, je compte faire appel à l’hypnose pour m’aider à gérer le tract avant les compétitions. Ce n’est pas simple et même si les avis sur l’efficacité de l’hypnose pour traiter en profondeur mon problème sont assez partagés à cela s’ajoute la rareté des praticiens.

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