Produits et techniques dopantes : risques et effets

Le dopage est bien connu dans le sport y compris le tennis de table fait parfois la une des journaux. Le pourcentage d’athlète dopés est assez méconnu, on estime selon les sports que 5 à  15 % des amateurs adultes utiliseraient des produits dopants.
Certain pays comme l’Italie vont même jusqu’à voter des lois condamnant à  de la prison ferme des sportifs testés positivement pour des substances interdites. Dans le domaine du sport, les interdictions sont classées en trois catégories (décret 99-790 du 8.09.99)

Les substances interdites

  • les stimulants
  • les narcotiques
  • les agents anabolisants
  • les diurétiques (produits qui favorisent la sécrétion urinaire)
  • les hormones (hormones peptidiques, hormones de croissance, érythropoïétine ou EPO)
 

Les méthodes interdites

  • le dopage par transmission sanguine
  • la manipulation pharmacologique, chimique et physique
 

Les substances soumises à  certaines restrictions

  • l’alcool
  • les cannabinoïdes (substances apparentées du point de vue chimique au THC, principe actif du cannabis)
  • les anesthésiques locaux
  • les corticostéroïdes
  • les bêtabloquants

 

Les produits permettant l’amélioration de l’oxygénation
Les hormones
Les stimulants

 

Les produits permettant l’amélioration de l’oxygénation

Le salbutamol

salbutamol

Le salbutamol est un médicament destiné à soigner l’asthme. Il est utilisé dans la plupart des sports pour améliorer le passage de l’oxygène dans le sang. Ainsi : environ 70 % des sportifs des JO de Lillehammer, en 1994 et 87 % des sprinteurs aux JO d’Atlanta  avaient un certificat médical qui les autorisait à prendre du salbutamol afin de soigner leur asthme !
Le nombre d’asthmatiques ne représente que 2,7 % de la population globale. En améliorant le passage de l’oxygène dans le sang, les muscles sont mieux oxygénés donc plus performants.

Cout 30 € pour une boite de 30 comprimés.

L’EPO : l’érythropoïétine est une hormone naturelle stimulant la production de globules rouges, produites par les reins.

EPO L’Erythropoïétine est une hormone naturelle de nature glycoprotéique qui régit l’érythropoiëse, c’est-à-dire la production des érythrocytes (ou globules rouges) par la moelle.
L’érythropoïétine est produite au niveau du rein ainsi que dans une moindre mesure au niveau du foie. Sa secrétion est corrélée à la pression partielle en oxygène au niveau des cellules secrétrices et donc indirectement à l’hématocrite. Toutefois, ce n’est pas le nombre d’érythrocytes qui régule cette secrétion mais plutôt la quantité d’oxygène disponible.
Un certain nombre de pathologies nécessitent l’administration d’érythropoïétine aux patients qui en souffrent, particulièrement les patients ayant des déficiences rénales et soumis de ce fait à des dialyses (épuration sanguine artificielle).
Malheureusement, cette érythropoïétine si utile aux dialysés, est détournée de son utilisation normale à des fins de dopage, par des athlètes soucieux d’augmenter le nombre de leurs globules rouges circulant.

Une boite de 6 ampoules coute environ 300 €.


Les PFC (perfluorocarbone)

PFC Les PFC sont des transporteur d’oxygène qui n’augmentent pas le taux d’hématocrite. Les PFC possèdent les mêmes propriétés que l’EPO, ils permettent entre autre une plus grande concentration d’oxygène dans les alvèoles pulmonaires et accroit fortement les performances sportives (bien plus que l’EPO). Les PFC ont un bas poids moléculaire et une structure cyclique ou linéaire, les linéaires étant les meilleurs transporteurs d’O2. En dissolvant de grandes quantités d’oxygène, ils facilitent également l’oxygénation des tissus péri-phériques. Les PFC ne sont pas détectables par l’analyse de l’air expiré mais aussi par radiographie pulmonaire, puisque ses particules sont radio-opaques. En 1986, sont apparus les PFC de deuxième génération dont deux sont plus particulièrement à l’étude aujourd’hui : l’Oxyfluor (40% de PFC ; HemaGen) et l’Oxygent (60% de PFC ; Alliance).

La CERA, une EPO de troisième génération !

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CERA EPO La Cera (Continuous Erythropoietin Receptor Activator) est une EPO dite de « troisième génération ». La Cera est utilisée en médecine pour traiter les anémies dans les insuffisances rénales, elle stimule ainsi en continu la production d’EPO. Contrairement à une  EPO normale qui  nécessite une injection deux à  trois fois par semaine, La Cera se prend tous les quinze  jours voire  tous les mois. A ce jour, le laboratoire Roche, qui a développé le produit, a établi un test antidopage pour la Cera, mais ce dernier n’est pas encore de test validé par l’Agence mondiale antidopage pour la détecter


L’Aranesp
, ou darbopoïétine

Aranesp C’est une autre forme d’ « EPO retard ». Elle fut retrouvée lors des Jeux olympiques de Salt Lake City dans les échantillons urinaires de trois skieurs de fond d’Europe de l’est, éphémères médaillés d’or. D’autres variantes posent des problèmes aux autorités antidopage. C’est le cas de certaines EPO génériques, dites biosimilaires. Ces EPO ne sont pas indétectables, mais ne répondent pas aux critères de positivité mis en place pour les EPO « originelles », du fait de légères variations par rapport à  leur « modèle ». C’est aussi le cas de la Dynepo, développée à  partir de cellules humaines et sur le marché depuis 2007, qui avait été détectée l’an passé dans les urines du Danois Michael Rasmussen, causant son éviction, mais sans qu’il soit pour autant déclaré positif.

La difficulté des autorités antidopages réside en l’arrivée régulière de variantes de substance dopantes. En effet, lorsqu’une nouvelle substance dopante voit le jour, le temps nécessaire pour adapter� les critères de détection, le sportif ne peut être contrôlé positif.

Les hormones

Les hormones sont produites par l’organisme dans des régions bien localisées (glandes hormonales) puis �se déplacent dans l’organisme pour se fixer sur des récepteurs spécifiques avec pour conséquence, dans le cas des hormones anabolisantes, à  la construction de tissus vivants. Il existe plusieurs catégories d’hormones anabolisantes : les hormones stéroïdes, les bêta-agonistes, les hormones peptidiques, l’insuline�.

Les bêta-agonistes ou bêta-stimulants sont des substances qui agissent principalement sur le système nerveux autonome qui comprend :

  • des voies de circulation qui partent du cerveau et descendent par la moelle épinière pour ensuite se distribuer à  tous les étages du corps
  • des aires de repos et de ravitaillement (les ganglions)
  • des éléments cibles qui sont en fait tous les organes et viscères du corps
  • des transporteurs qui assurent la liaison entre les voies de circulation et les organes

Le rôle des hormones est de maintenir le fonctionnement de l’organisme en réponse aux besoins vitaux en le calmant (diffusion d’acétylcholine) ou l’excitant (diffusion d’adrénaline).

Adrénaline L’adrénaline répond à un besoin d’énergie, par exemple pour faire face au danger c’est donc l’hormone du système permettant d’activer l’organisme.
L’adrénaline est majoritairement sécrétée par le système nerveux central (elle agit alors comme neuromédiateur). Elle est également sécrétée par les glandes surrénales (adrénaline libre). L’adrénaline produit son effet en se fixant sur les récepteurs adrénergiques des cellules cibles. Elle active les grands systèmes fonctionnels (respiration, circulation), joue sur les émotions et la pensée. Mieux encore, elle renforce l’organisme pour d’éventuelles actions à  venir (synthèses protéiques).

Les bêta agonistes ont pour faculté de se placer sur les récepteurs à  adrénaline provoquant les mêmes réactions que cette dernière : Préparation de l’organisme à  l’action, renfort de l’organisme (synthèses protéiques)�
A termes, ils permettent un gain considérable de masse musculaire et une diminution non moins importante des graisses corporelles.

 

steroides anabolisant Balco

Les Stéroïdes anabolisants comme la THG (tétrahydrogestrinone) produite par le laboratoire Balco, permettent le gain de masse musculaire.Les stéroïdes anabolisants sont liés à une hormone naturelle humaine : la testostérone. Ils augmentent la synthèse des protéines dans les cellules, entraînant une augmentation de tissus cellulaires (anabolisme), en particulier dans les muscles.

Coût : 50 € la boite de cinq ampoules

 

Creatine

La créatine n’a aucun effet anabolisant, elle ne favorise donc pas l’augmentation de la masse musculaire mais augmente de façon temporaire la force musculaire. Elle n’est pas considérée comme une substance dopante.

Coût : 20 € le flacon

 

Hormones de croissances

Les hormones de croissance font parties des hormones peptidiques, substance naturellement fabriquée par le corps qui participe à la régulation des organes, à la croissance du corps en augmentant la masse musculaire, en diminuant la masse grasse, et en agissant sur les facteurs de croissance.

Coût : 150 € les 40 comprimés effervescents de PROhGH

 

 

Les stimulants

Les stimulants agissent principalement sur le système nerveux central et cardiovasculaire et ils ont principalement un effet psychique. Ils augmentent le niveau de concentration, la résistance par rapport à l’effort, l’éveil, augmentation le débit cardiaque, ainsi que la pression sanguine, et ouverture des voies respiratoires, etc.. Les sportifs qui les utilisent ont le sentiments de pouvoir aller au-delà de leur force et surévalue parfois leur possibilités. Durant la seconde guerre mondiale plusieurs millions de comprimés de benzédrine (amphétamine) seront distribués aux contingents britanniques pour les aider à  lutter contre la fatigue.

Parmi les substances stimulantes ont peut retenir les amphétamines, la caféine, la cocaïne, l’adrénaline et l’éphédrine.

Prise à haute doses ou de façon répétées, les stimulants sont dangereux pour la santé et provoque insomnies, épuisement, hyperexcitation et agitation nerveuses, hyperthermie, tremblements et créer des lésions cérébrales graves. Les amphétamines altèrent le jugement, le sportif à une perception de ses performances bien supérieures à la réalité, il se croit invincible et en supprimant la sensation de fatigue les athlètes vont parfois jusqu’à se blesser gravement.

Jusque dans les années 60, les amphétamines étaient en vente libre en France, à un prix abordable. Une grande majorité d’athlètes de haut niveau, ayant à supporter des épreuves difficiles en consommaient. En 1965 un loi anti-dopage interdit les amphétamines. Les amphétamines ayant principalement un effet psychique, d’autres substances les accompagnent souvent avec un objectif d’amélioration de la performance physique.

 

La liste des produits prohibés est accessible ici  

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